10498

Agoraé, une épicerie solidaire étudiante à Lyon 2

Soumis par ncoursier le 19/02/2020
Solidarité

Une épicerie solidaire étudiante a ouvert ses portes en octobre et été inaugurée le 18 février, sur le Campus Porte des Alpes. Un projet soutenu par l’Université Lumière Lyon 2 et porté par l’association GAELIS, Fédération d’associations étudiantes.

Des lentilles, du chocolat, du riz, des pâtes, de la soupe, des produits d’hygiène… Shadi, 22 ans, étudiante iranienne en Lettres modernes, repart avec un sac plein. Montant dépensé : 2,25€. La jeune femme, qui va bénéficier de la CAF, vient de trouver un travail, mais elle se réjouit de ce lieu qui lui permet « d’avoir une alimentation plus variée ».

Comme 17 autres étudiants aux profils divers, elle peut, chaque semaine, faire ses courses à l’AGORAé Lyon 2. Une autorisation renouvelable accordée pour 1 à 3 mois en fonction des situations. Les bénéficiaires ont le droit de dépenser 18 € par mois dans cette épicerie solidaire étudiante. Ils atteignent rarement ce montant. Ici, un paquet de pâtes coûte 7 centimes, les conserves de légumes 8 centimes, la lessive, produit le plus cher, 96 centimes… « La mission de l’AGORAé, c’est de répondre à un besoin primaire : avoir une alimentation saine et équilibrée. Nous proposons des fruits, des légumes, mais aussi des produits pour se faire plaisir », souligne Cécile Thevenet, étudiante infirmière et vice-présidente de GAELIS. Les bénéficiaires peuvent ainsi utiliser l’argent économisé pour leurs loisirs, une activité sportive... Lara Lazhar et Juliette Ruillier, volontaires du service civique, assurent les permanences. Ce sont elles qui s’occupent également de l’approvisionnement auprès de la Banque alimentaire, de l’association Revivre, ou d’autres structures. « On essaie de prendre ce dont on aurait nous-mêmes besoin : thé, café, farine, oeufs… Et on choisit les produits en fonction de nos bénéficiaires, on commence à les connaître… », commentent les jeunes femmes. Pour le compte de l’AGORAé, elles montent également des projets, des partenariats avec des associations, ou des animations pour rompre l’isolement des étudiants en situation précaire…

Entre 1,20 et 3,30 € par jour

« 20% des étudiants vivent en-dessous du seuil de pauvreté. C’est énorme ! », s’indigne Cécile Thevenet. Seules conditions d’accès à l’épicerie solidaire : être étudiant et avoir un reste à vivre compris entre 1,20 et 3,30 € par jour. Les étudiants remplissent un dossier dans lequel ils précisent leurs ressources et leurs charges et en déduisent leur reste à vivre. « Si celui-ci est inférieur à 1,20€, l’épicerie reste trop chère pour eux », commente Cécile Thevenet. Les étudiants sont alors redirigés vers d’autres structures. L’AGORAé a reçu 41 demandes depuis sa création. Elle accueille aujourd’hui 18 bénéficiaires pour 20 places disponibles. Dans le local prêté par l’Université Lyon 2, l’association pourra en accueillir un peu plus. Pour augmenter le montant du reste à vivre et le nombre de bénéficiaires, elle aura besoin d’un local plus grand.

Une assistante sociale à l'écoute

Adeline Kerdraon, assistante sociale de Lyon 2 pour les étudiants, reçoit les dossiers. « Ils sont ensuite examinés de manière anonyme par la commission d’accès à l’épicerie solidaire, commission dont je fais partie. Je suis aussi en lien régulier avec les volontaires du service civique. Je peux notamment les aider à répondre aux étudiants dont la demande a été refusée ».

La bonne idée : des soirées dons pour les étudiants

L’AGORAé s’associe à SDJ Solidarité Lyon pour organiser des soirées de distribution de produits alimentaires et d’hygiène, un jeudi sur deux, dans les locaux de l’épicerie solidaire à Bron de 18 à 20h, et le jeudi suivant dans ceux de l’AGORAé à Lyon 1er. La première soirée a eu lieu le 21 janvier.