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Aux origines de l'hôpital du Vinatier

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Vinatier quartier des hommes.
Collection A. Belmont

En 2026, le Centre hospitalier du Vinatier fête son 150e anniversaire. Voici quelles furent les circonstances de sa naissance.

Poursuivez l'Histoire : Retrouvez ici le texte complet de l'article "Histoire et Patrimoine" dont un extrait est présenté dans le magazine municipal B[r]ONjour n°59 de juin 2026.

Plein ! Archiplein ! C’est le triste constat que firent, en 1868, les membres du Conseil général du Rhône, les Lyonnais, les familles des malades, et bien évidemment les patients eux-mêmes, à propos de l’hôpital psychiatrique de l’Antiquaille, implanté au sommet de la colline de Fourvière depuis le début du XIXe siècle. Prévue pour recevoir 610 « aliénés », comme on les appelait à l’époque, l’Antiquaille croulait littéralement sous le poids de 1120 malades, presque le double de ses capacités ! La surpopulation était telle que les médecins se voyaient contraints d’expédier leurs patients rhodaniens vers les hôpitaux d’autres départements, moyennant finance évidemment. Bien sûr, cette dissémination rompait « les liens de famille, et enlevait à ceux dont les maux n’ont pas atteint la dernière limite, les consolations qu’ils trouvaient dans la sympathie des leurs », déplorait le Conseil général. Cette situation était d’autant moins acceptable que « l’accroissement progressif des maladies mentales » parmi la population, n’allait faire que l’aggraver à plus ou moins long terme.

Des aliénés au Mas des Tours

Aussi, par une délibération du 27 août 1868, le Conseil général prit une décision radicale : « Un seul parti reste à prendre, construire un asile départemental pour recevoir environ 600 malades ». Depuis quelques temps déjà, le préfet du Rhône était en tractation avec un riche propriétaire brondillant, Antoine Bernard, qui possédait un vaste espace au nord des Essarts, le « domaine des Tours ». Voilà la solution ! « Le domaine des Tours est dans une situation convenable, salubre, relativement élevée, pourvu d’eau de bonne nature », et de surcroît « voisin de Lyon (5 km), acheté à un prix acceptable (7000 francs l’hectare), et entouré de vastes terrains [sur lesquels on pourra édifier] des constructions isolées, élément puissant de guérison ou d’amélioration tout au moins, d’un état qui laisse peu de chances à une guérison complète et définitive ». Dont acte. Le Conseil général vota la décision d’établir « un asile d’aliénées au territoire du Mas des Tours, commune de Bron », et autorisa le Département à acquérir le domaine et 37 hectares de terrain pour la somme, importante à l’époque, de 268.230 francs.

Par la grâce de l’empereur

Restait à obtenir de Napoléon III, qui régnait alors sur la France, une déclaration d’utilité publique. Ainsi fut fait, au palais des Tuileries, le 3 février 1869 : « Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français », autorisa à son tour le Département à se porter acquéreur pour « l’établissement d’un asile d’aliéné pour le service du Rhône ». Dès lors, les choses allèrent bon train. A peine deux semaines après la décision impériale, les 15 et 17 février 1869, le secrétaire-général de la préfecture du Rhône et « M. Antoine Bernard, résidant alternativement à Lyon rue de Bourbon n° 21 et aux Essarts commune de Bron », accueillaient dans leurs bureaux respectifs un notaire lyonnais, maître Etienne Dugueyt, pour rédiger l’acte de vente de « la propriété dite des Tours, que M. Bernard possède », soit environ 18 hectares plus un vieux manoir, moyennant la somme de 138.000 francs  (le reste des terrains, soit une vingtaine d’hectares, fut acheté auprès de divers autres propriétaires). La construction de l’hôpital et de sa chapelle commença dans la foulée, qui permit à l’établissement d’accueillir les patients de l’Antiquaille sept ans plus tard, en 1876.

Aline Vallais
Sources : Archives du Rhône, 3 E 12395.

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