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Joseph-Stanislas Mas, "artiste vétérinaire"

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Il fut le tout premier vétérinaire à Bron, et l’un des premiers au monde. Portrait d’un précurseur.

Poursuivez l'Histoire : Retrouvez ici le texte complet de l'article "Histoire et Patrimoine" dont un extrait est présenté dans le magazine municipal B[r]ONjour n°61 de septembre 2026.

Des animaux, les Brondillants d’Ancien Régime en avaient par troupeaux entiers. Des chevaux, des vaches, des moutons surtout, ceux-ci par milliers, sans oublier leur basse-cour et, de plus en plus, leurs chiens. Toute une partie de leur alimentation et de leurs revenus, lorsqu’il s’agissait d’en vendre les produits comme la laine ou les fromages sur les marchés de Lyon, dépendaient de ces bêtes. Aussi, lorsqu’une épizootie (prononcer épizo-o-ty) survenait, ces épidémies du genre animal, nos concitoyens d’hier la vivaient comme une catastrophe. Ils tentaient du mieux qu’ils pouvaient d’employer des remèdes ancestraux – comme de leur faire une saignée, à l’instar de ce que les médecins appliquaient aux humains ! Et puis, ils faisaient appel à plus savant qu’eux : au forgeron du village. Tel Jean Fond, qui vivait à Bron au temps des rois Louis XV et Louis XVI. Dans les campagnes d’antan, le maréchal-ferrant était en effet réputé bien connaître les bêtes et pouvoir guérir leurs maux. Ne dit-on pas d’ailleurs, « un remède de cheval » ? Mais leur savoir empirique connaissait évidemment bien des limites.

Un diplôme « d’artiste vétérinaire »

Aussi, lorsque fut fondée à Lyon, en 1761 par Claude Bourgelat, la toute première école vétérinaire au monde, les Brondillants et leurs contemporains le vécurent comme un immense progrès. D’emblée, cette école attira de jeunes élèves, pour beaucoup fils de maréchaux-ferrants, venus des quatre coins de France et notamment du Dauphiné, pour apprendre ce nouveau métier. Situé aux portes de cette école, Bron ne tarda pas à lui envoyer l’un de ses habitants : Joseph-Stanislas-Marcel Mas. Ce personnage était né dans notre commune le 18 mars 1770, et était fils de Nicolas Mas et d’Anne Jacquemin, un couple d’agriculteurs apparemment assez aisés puisqu’ils donnèrent pour parrain et marraine à leur fils, un baron et sa femme, M. et Mme de Sandrini. Les Mas étaient-ils locataires d’une de leurs fermes à Bron ? Ce n’est pas impossible. Dans tous les cas, les triples prénoms comme celui de Joseph-Stanislas-Marcel étaient extrêmement rares au village, et dénotaient un certain rang social. À l’âge de 25 ans, le 3 juin 1795, Joseph-Stanislas Mas fit son entrée à l’école vétérinaire de Lyon, dont les locaux migrèrent à peu près à la même période, des abords de la Grande-Rue de La Guillotière, pour les bords de Saône, et plus précisément dans un ancien couvent du quartier de Vaise. Suivirent dès lors quatre années entières de cours, jusqu’à l’obtention de son diplôme d’« artiste vétérinaire » le 19 thermidor an 7, soit le 6 août 1799.

Pas de plainte, bonne réputation

Son titre en poche, Joseph-Stanislas Mas aurait pu partir pratiquer son métier dans une bourgade bien peuplée, gage de revenus appréciables. Mais non, c’est dans le petit village de Bron qu’il décida de s’installer. Il s’y maria le 19 février 1801 avec une Vaudaise d’origine, Louise Poulet, et eurent ensemble huit enfants, tous nés à Bron. On imagine notre homme allant de ferme en ferme, et pas seulement dans notre commune, pour prodiguer son art et soulager bien des paysans. En tout cas, il était fort apprécié, car une enquête préfectorale de 1813 nous apprend que, à l’instar d’autres vétérinaires du département, « Ils jouissent tous d'une bonne réputation et aucune plainte n'est parvenue contre eux ». Ce précurseur est mort à Bron le 13 février 1854, à l’âge de 83 ans.

Aline Vallais

Sources : Archives de l’Isère, 149 M 1. Archives du Rhône, E dépôt 29/2, 4 E 420, 4 E 425.a

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