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Etape 4 – L’aéroport en première ligne

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Pour info : Le cimetière est ouvert tous les jours, de 7 h 30 à 18 h 30 d'avril à octobre, et de 8 h à 17 h 30 de novembre à mars.

En octobre 1910, le "champ d'aviation" de Bron sort de terre, dans la plaine agricole située à l'est de la commune, et accueille d'emblée une école de pilotage, la troisième créée en France. Parmi ses premiers élèves figure le jeune Jean Desparmet, devant lequel vous vous trouvez maintenant. Sa tombe ne passe pas inaperçue. Elle dresse vers le ciel une haute stèle blanche, portant l’image sculptée dans la pierre d’un pilote à bord de son avion, sortant des nuages et grimpant vers le soleil. La palme des martyrs, un ange aux ailées brisées et l’inscription gravée au bas du monument rappellent son destin tragique. Ce pionnier de l’aviation n’était pas d’origine brondillante puisqu’il naquit aux Brotteaux le 7 juillet 1890, d’un père géomètre et d’une mère directrice de lycée à Lyon, mais ses parents, possédaient une grande villa dans notre commune. C’est donc naturellement à Bron qu'il obtient le brevet de pilote, le 11 mars 1911.

Son diplôme en poche, Desparmet s’installe en région parisienne, à Etampes, où le fameux constructeur aéronautique Louis Blériot l’embauche comme chef pilote. Alors qu’il n’a que 21 ans, son endurance, son audace et son sang-froid le démarquent très vite des autres membres de l’équipe. Aussi est-ce lui que Blériot choisit pour représenter son entreprise au concours d’aviation militaire qui doit se tenir à Reims, en octobre 1911. L’enjeu est de taille car le ministère de la Guerre entend, à l’issue des épreuves, sélectionner les appareils avec lesquels il équipera l’armée. Hélas, le 27 octobre Desparmet est victime d’un terrible accident. Après avoir décollé, son avion affronte des vents violents, part en piqué et s’écrase en bordure d’une route. Le jeune pilote meurt sur le coup. Son corps est ramené à Bron, où ses funérailles donnent lieu à une cérémonie grandiose, en présence du maire de Lyon Edouard Herriot et de hautes personnalités du monde de l’aviation.

Avec le concours de Reims, l'armée comprend encore mieux le potentiel stratégique que représente l'avion pour observer le terrain et espionner les troupes ennemies, et envoie des élèves officiers et sous-officiers rejoindre les rangs de l'école d'aviation de Bron. Ils ne sont que les premiers d'une longue série. En été 1912, l'aérodrome de notre ville se double d'un centre d'aviation militaire constitué d'une dizaine de grands hangars en toile et en bois, qui accueillent bientôt deux escadrilles d'avions Farman. En 1914, il est un temps question de supprimer la toute nouvelle base. Mais la guerre éclate, qui change ces plans du tout au tout. Dès les premiers coups de canons, en août 1914, la déroute des armées françaises au nord-est du pays oblige les avions, les pilotes et les mécaniciens du 2e Groupe d'Aviation basé à Reims, à se replier sur Bron. L'aéroport de Bron devient dès lors une véritable ruche débordant de militaires, que faute de place on loge au fort, dans les batteries de Lessivas et de Parilly, et jusque chez l'habitant, en attendant que soient construits de grands baraquements qui transforment le champ d'aviation en une véritable caserne pouvant abriter plusieurs milliers de personnes. En quatre ans de conflit, 12000 hommes sont ainsi formés dans ses différentes écoles de pilotage, de mécanique, d'assemblage d'avions et de chauffeurs automobiles avant de monter au front, ce qui contribue à faire de Bron le plus important centre d'aviation en France.

C'est aussi à Bron que sont assemblés les aéroplanes fabriqués dans les usines de Lyon et de Villeurbanne. Car si la région parisienne demeure la capitale industrielle du pays, de nombreuses entreprises aéronautiques de premier plan s'installent en région lyonnaise pour fuir les zones de combats : Caudron, Voisin, Farman, Letord, REP, Atlas-Aviation, Desfontaines, qui toutes réunies emploient des milliers d'ouvriers. La firme Caudron notamment, est fondée en 1909 dans la Somme par deux fils de paysans, Gaston et René Caudron. Le succès frappe immédiatement à leur porte, et il est fulgurant. Particulièrement bien conçus, leurs avions se vendent comme des petits pains - jusqu'en Chine, qu'ils équipent de sa première escadrille en 1913. En France, l'armée suit de près les progrès de René et de Gaston, et leur commande à son tour des appareils, notamment des biplans G3, conçus au début de 1914. Arrive la Première guerre mondiale, qui force les Caudron à déménager leurs ateliers, menacés par l'ennemi. Une partie, dirigée par René, se replie à Issy-les-Moulineaux, en région parisienne, et une autre, dirigée par Gaston, s'implante en région lyonnaise, à Monplaisir où se trouvent les ateliers de fabrication, et à Bron où les techniciens assemblent les appareils et procèdent aux essais en vol. Alors que la guerre se prolonge, le rythme de production des Caudron s'accélère, atteint des centaines d'exemplaires par an, tandis qu'en 1915 les deux frères mettent au point un bimoteur destiné à des missions de bombardement, le G4. A Bron, Gaston teste lui-même les nouveaux appareils. Le 12 décembre 1915, alors que l'on attend la visite du sous-secrétaire d'Etat de l'aéronautique militaire, il prend ainsi les commandes d'un Caudron tout frais sorti des ateliers. L'appareil décolle, prend de l'altitude et commence à manoeuvrer au sud de l'aéroport, quand arrive l'accident. Alors qu'il se trouve à 200 mètres de hauteur, l'avion chute brutalement, s'écrase au sol et prend feu. Gaston Caudron et ses deux passagers sont tués sur le coup. La France perd l'un de ses principaux constructeurs aéronautiques. Malgré la mort de Gaston, la firme Caudron poursuit son ascension. En 1916 et 1917, la marque produit ainsi 1256 avions, et devient après-guerre l'un des géants de l'industrie aéronautique, en vendant plus de 10.000 bimoteurs G4 et en se reconvertissant dans l'aviation civile.

L'aéroport de Bron pour sa part, s'ouvre à nouveau aux activités civiles après l'Armistice du 11 novembre 1918, mais ne perd pas pour autant sa base militaire, qui s'étend encore au cours des années 1920-1930. Baptisée "base aérienne 111" après la Deuxième guerre mondiale, puis "base aérienne 942", elle fut fermée en 1972.
 

Pour aller à l'étape suivante :

  • Revenir vers l'entrée du cimetière et s'arrêter devant le monument aux morts. 

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