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Etape 2 - L’aérogare la plus moderne du monde

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  • Rester au même endroit, vue sur les hangars de l’aéroport

Les débuts ont été laborieux. Même si des foules émerveillées se sont pressées aux premiers meetings aériens, en 1910 le « champ d’aviation de Bron » tient plus du pré à vaches que d’un Roissy-Charles-de-Gaulle. Il faut dire que les avions ne s’envolent encore que par grand beau temps, et ont une fâcheuse tendance à tuer leurs pilotes. Un sport pour riches ou une nouvelle attraction de cirque, c’est ainsi que nos arrière-grands-parents considèrent l’aviation d’alors. Tous ne partagent pas cet avis heureusement, à commencer par les militaires. Eux ont compris le potentiel qu’offre la maîtrise du ciel pour combattre l’ennemi, aussi dès 1912 ils aménagent une base près des installations civiles. Arrive la Première guerre mondiale, qui fait de l'aviation une arme de pointe. Les oiseaux hésitants des débuts héroïques deviennent des vaisseaux armés de bombes et de mitrailleuses, capables de traverser un pays ou de franchir les mers en une poignée d’heures.

Avec le retour à la paix, les progrès accomplis profitent aux civils. Le courrier puis les passagers remplacent les engins de mort à bord des Bréguet, des Spad ou des Farman. A partir de 1922, la « gare aérienne » de Bron accueille deux fois par semaine la ligne Paris-Lyon-Marseille de la Compagnie des Messageries Aériennes, bientôt rejointe par une ligne Lyon-Genève. Petit à petit les rares passagers  - dame, à 500 frs la place ! - se font plus nombreux, les compagnies aériennes fleurissent, les lignes s’étirent vers Londres, Tunis, l’Algérie. Les vols deviennent quotidiens et, à raison de 6 à 20 passagers par avion, le cap des 1000 clients annuels est franchi. Les bâtiments destinés à les accueillir, eux, restent à la traîne. En 1928, ils se résument encore au bar de M. Sibille, bâti de bric et de broc, qui permet « aux usagers de la ligne Marseille-Londres, de trouver à l’arrêt à Lyon des paniers-repas, boissons réconfortantes, etc. ». Un buffet très campagnard, en somme.

Pareille improvisation n’a plus sa place. En 1929, l’Etat transfère le champ d’aviation à la Chambre de Commerce de Lyon, avec pour mission de le moderniser : « l’extension de l’aérodrome de Lyon-Bron ne peut que représenter la plus grande utilité au point de vue des relations par avion entre Lyon et tous les grands centres de France et d’Europe », déclare son président. A coups de millions de francs, une aérogare dernier-cri sort de terre, dont l'inauguration intervient le 14 décembre 1930 et l'ouverture au public en février 1932. Avec ses trois étages à plan en L, son vaste hall et sa rotonde décorée de fresques, ses comptoirs voués aux compagnies aériennes, un restaurant, des boutiques, sans oublier la douane et un poste de police, ce bâtiment ultramoderne devient « la plus grande aérogare du monde ». En 1938, elle accueille ainsi 13.000 passagers, 312 tonnes de courrier et 15.000 vols, dont ceux d’Air France reliant Paris à Lyon et à Marseille. Ce bâtiment resta en service jusqu'à l'ouverture de l'aéroport de Satolas-Saint-Exupéry, en 1975, puis il fut détruit en 1989. Ses façades aux grandes baies vitrées, et ses terrasses étagées d'où des générations de Lyonnais vinrent admirer inlassablement le mouvement des avions sur la piste, occupaient l'emplacement du parking situé à gauche du magasin Castorama.

Les travaux des années 1920-1930 n'avaient pas concerné que l'accueil des passagers. Les autorités civiles et militaires entreprirent aussi à l'époque la construction de tout un ensemble de hangars destinés à abriter les avions. L'un d'eux, le hangar Caquot, du nom de l'ingénieur qui l'avait conçu, représentait une prouesse technique. Situé à droite de l'aérogare, il s'étirait sur 50 m de long et 40 m de large, et possédait un toit en béton aux formes d'ailes d'oiseau, sans aucun pilier pour le soutenir sur ses côtés. Inauguré en 1932, il fut mis à mal par les bombardements alliés de 1944, et dut être démoli en 2012 pour céder la place à la caserne de pompiers de l'aéroport. Quant aux hangars que vous avez sous les yeux, ils furent bâtis de 1925 à 1927, pour les besoins de l'armée de l'air. Loin de se résumer aux deux se dressant actuellement sur l'avenue Mouillard, ils formaient un ensemble d'une dizaine de bâtiments similaires, disposés en U autour de la piste de décollage, du côté du magasin Castorama, et en contrebas du fort, vers l'Ecole de Santé des Armées. L'ensemble subit d'importants bombardements en 1944 et dut être rasé après-guerre. Les deux rescapés situés face à vous comptent aujourd'hui parmi les plus anciennes installations aéroportuaires de notre pays.

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