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Etape 2 - Le Mas des Tours

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C’est un château à l’histoire bien curieuse. D’abord parce qu’il n’existe plus. Il a été détruit vers 1890-1900 pour céder la place à des pavillons de l’hôpital psychiatrique. Il devait pourtant avoir fière allure, à en croire ses derniers vestiges : deux portes monumentales, typiques du 17e siècle, ornant une pelouse comme une sculpture urbaine. Avec leurs frontons en arc de cercle et leurs montants en pierres de taille, on les croirait issues d’un palais. Son mystère vient aussi du silence entourant ses origines. Certains historiens ont vu en lui un château-fort construit au 13e siècle par les Templiers. Il ne leur a jamais appartenu et n’était pas si ancien. Pour d’autres amoureux du passé brondillant, il ne s’agissait que d’une simple ferme, jouant du colombier en guise de donjon. On se rapproche de la vérité, car ce "mas" fut à la fois la demeure d’un noble et un domaine agricole.

Les anciens plans montrent un ensemble de bâtiments (maison de maître, granges, étables) protégés par un long mur crénelé et pourvu de tours rondes à chaque angle, d'où le nom donné à ce manoir. En 1655, le tout appartient à Philibert de Laube, seigneur du quartier des Essarts. Puis, par le jeu des mariages et des successions, le Mas des Tours passe à Gaspard de Montquin (1637-1712). Ce noble sire avait une forte personnalité ; d’après son fils, "il était d’un tempérament assez robuste et naturellement porté à toutes les choses qui causent le dérèglement de la vie, excepté au vin et aux excès de la table" ! Après des études de droit, Gaspard de Montquin devint l’homme de confiance de puissants personnages, comme le duc de Lorraine dont il gérait les biens. Sa vie ne fut que va-et-vient entre son château familial de Maubec, près de Bourgoin, Lyon et Paris où l’appelaient ses affaires, et Bron de temps à autre. Pour lui, comme pour tant d’autres nobles ou bourgeois propriétaires de biens sur notre commune, le Mas des Tours n’était pas seulement un château de plaisance, mais aussi un investissement destiné à le nourrir et à lui rapporter des espèces sonnantes et trébuchantes. Dans ce but, il le louait à des paysans de Bron ou des environs ; ainsi en 1706, il se rend devant le notaire de Vénissieux pour "bailler a Pierre Callemard, habitant laboureur des Essards, la grange apellé du Tour". Pendant 6 ans, le locataire devra labourer les terres du domaine, les ensemencer, "moissonner, charrier et battre les bleds", faucher les prés, nourrir le bétail, entretenir les vignes et les vendanger, faire la récolte des noix, couper du bois et réparer les toits. Durant les gros travaux des champs, il pourra embaucher des journaliers si bon lui semble ; par contre, "ne sera permis audit Callemard de travailler pour autrui sans le consentement dudit sieur de Montquin". En guise de loyer, Callemard ne verse qu’une petite somme : 48 Livres par an, une misère pour un si beau domaine. L’essentiel est ailleurs ; en plus de cet argent, il donne au propriétaire la moitié des récoltes en blé, en vin, en chanvre, en noix et en bois, sans oublier "la paille de 600 gerbes moitié froment moitié seigle", destinée aux litières des chevaux. L’acte précise que Callemard charriera le tout jusqu’au domicile de Montquin. A Lyon ou à Bourgoin ? L’histoire ne le dit pas. Par contre, l’Histoire avec un grand H, elle, nous fait un clin d’œil. La Ferme actuelle du Vinatier se situe à l’emplacement exact où se trouvait le "château agricole" du Mas des Tours. Quant au domaine qui entourait le manoir, sa centaine d'hectares accueille aujourd'hui tout un pôle hospitalier, composé de l'hôpital psychiatrique, l'hôpital neurologique, l'hôpital cardiologique et l'hôpital Femme-mère-enfant.

 

Pour aller à l'étape suivante :

  • Depuis les vestiges du Mas des Tours, revenir sur vos pas en suivant les panneaux "sortie".
  • Aller tout droit, jusqu'à la chapelle de l'hôpital.

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