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Etape 2 - Cafés et clos boulistes

Off

Accès :

  • Depuis la place Curial, prendre à pieds l'avenue Camille-Rousset et se rendre jusqu'à son carrefour avec l'avenue Franklin-Roosevelt.
  • S'arrêter devant le café de la Boutasse.

Dimanche 14 mai 1905. Une foule considérable se presse devant la brasserie Lulli, en face de la mairie actuelle. C'est là que l'Etoile Cycle de Lyon a fixé le début de la course de vélo qui doit emmener une cinquantaine de participants dans ce qui sera "un des grands events [évènements] sportifs de la saison 1905" : une course de 130 kilomètres à travers les plaines et les plateaux du Bas-Dauphiné. Le signal de départ sera donné à 7 heures du matin, et "on attendra pas les retardataires", préviennent les organisateurs. La brasserie Lulli est habituée à ce genre d'évènement. Déjà en octobre 1904, elle avait accueilli l'arrivée de la course vélocipédique de l'UVF, dont les participants s'étaient aussitôt jetés sur les tables d'un copieux banquet. L'enseigne Lulli, propriété de monsieur Delarue, s'imposait alors comme l'un des hauts lieux de la banlieue lyonnaise. Lorsqu'elle ne servait pas de cadre à une compétition sportive, cette brasserie ouvrait ses portes et surtout ses jeux de boules, à une clientèle familiale et aux amateurs de "Lyonnaise", qui s'y ruaient tous les dimanches. Le journal Le Bouliste lui consacre un article en avril 1902, qui restitue l'ambiance de l'endroit : "Situé au terminus des tramways de Bron, la brasserie A. Lulli, en plus de ses salles pour noces et banquets, possède d'admirables jeux bordés de peupliers et de tonnelles. Les pistes de 33 mètres de long peuvent recevoir douze équipes de joueurs et sont parfaitement entretenus. En plus de ses pistes, il a encore une vaste esplanade fort bien ombragée, où 12 jeux sont tracés, ce qui porte à 18 le total des emplacements réservés aux boulistes. Cette année, trois concours de sociétés ont déjà eu lieu chez l'ami Delarue, et il est décidé, si le temps le permet, à renouveler les réunions fameuses de 1901. Dans l'intérêt de tous, souhaitons donc le beau fixe et préparons-nous à d'intéressants compte rendus". La couleur du Bron de la Belle Époque était donnée.

A peine passée la porte des fortifications, à la Boutasse, deux autres établissements renommés vous accueillent. A droite de la route nationale - notre actuelle avenue Franklin-Roosevelt, se trouve le café-restaurant des Mûriers, l'un des plus grands établissements de la commune, avec ses arbres et ses jeux de boules comme dans les "clos" de Lyon, ses tables longues comme un banquet de roi, et ses clients si nombreux que l'on peine à les faire tous entrer. A gauche, de l'autre côté de la route, le café de l'Agriculture lui fait face. Plus modeste, il accueille derrière ses platanes séculaires, les joueurs de belotes et sert surtout de quartier général aux membres des clubs sportifs, notamment aux footballeurs de L'Etoile Sportive de Bron. Cet établissement existe toujours, sous l'appellation de "café de la Boutasse", et se dresse devant vous. Il est l'un des plus anciens cafés de Bron, avec plus de cent dix ans d'âge.

L'Agriculture et les Mûriers ne sont que l'avant-garde d'une longue procession. Tout au long de l'avenue Franklin-Roosevelt, les débits de boisson alignent leurs devantures. En allant vers la mairie, l'on croise le café-comptoir du Croissant d'argent ; plus loin, le Rendez-vous des Amis promet de bons moments, tout comme le café de la Chanson, tenu par le patron Lafont. Arrivé à l'aéroport, le défilé se poursuit par le café de la Frontière (celle du département de l'Isère), et par une série de bouis-bouis comme le café de l'Aéronautique, dans lesquels les militaires de la base aérienne viennent tuer le temps en attendant un vol ou entre deux tours de garde. Le vieux village a lui aussi ses bonnes adresses. Avenue Camille-Rousset, le Restaurant des Platanes réserve le meilleur accueil aux associations, sans oublier les assemblées politiques en période électorale : "les anciens Brondillants se souviennent sûrement, raconte l'historien Marcel Forest, des bruyantes et houleuses réunions qui avaient lieu dans la grande salle vitrée", au cours du 20e siècle. Un peu plus sage est l'hôtel Amblard, en face de l'église, où se retrouvent les amateurs de billard ; "c'était le lieu de prédilection des militaires cantonnés au fort de Bron, qui après la soupe du soir, venaient jouer aux cartes, aux dominos ou simplement faire la cour aux jeunes et timides serveuses". Pour ces pioupious en goguette, les Brondillantes étaient sûrement les plus belles filles du monde. C'était un autre temps, sans télévision, sans radio, presque sans cinéma, vouant aux cafés une place centrale dans la sociabilité d'une population qui se convertissait à peine aux loisirs des temps modernes. Et s'y plongeait avec délectation.

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Illustrations

  1. Vignette
    Carte-postale ancienne, le café de l'Agriculture vers 1910
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  2. Vignette
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