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Etape 8 - Premiers meetings aériens

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Accès :

  • Revenir à l'université Lyon 2 et prendre le bus 52 en direction de Vaulx-en-Velin-La Grappinière (fréquence : un bus toutes les 12 à 15' en semaine, et toutes les 25' le dimanche).
  • Descendre à l'arrêt "Triangle de Bron", puis marcher le long de l'avenue Charles-de-Gaulle en direction de l'aéroport.
  • S'arrêter 100 mètres avant le parking du magasin Feu Vert, à un endroit d'où l'on bénéficie d'une vue dégagée sur les grands hangars de l'aéroport.

Des coups de canons retentissent dans le ciel de Bron. Le meeting aérien de l'année 1911 peut enfin commencer. Alors que notre aéroport s'apprête à célébrer son premier anniversaire, les organisateurs, la Ville de Lyon, l'Aéroclub du Rhône et l'Automobile club, ont vu les choses en grand : la fête durera onze jours, pas un de moins, du 28 mai au 6 juin. Pour l'occasion, une armée d'ouvriers a travaillé d'arrache-pied pour transformer le "champ d'aviation" - autrement dit un pré à vaches faisant office de piste, perpendiculaire à la route de Grenoble et situé juste en face de l'endroit où vous vous trouvez en ce moment, en une cité dédiée à la conquête de l'air. "Les spectateurs auront la curieuse vision, racontent les journalistes, en un endroit jadis stérile, d'une ville hâtivement construite, ce qui fait aujourd'hui de Bron-Aviation un véritable village, où les guinguettes et les restaurants seront nombreux".

La fête démarre tambour battant, le dimanche 28 mai, par le passage de l'une des premières grandes compétitions aériennes organisée en Europe, la course Paris-Rome-Turin. Passés par Dijon de bon matin, une trentaine de concurrents dont le Lyonnais Kimmerling, chef-pilote de l'école d'aviation de Bron, doivent arriver à bord de leurs monoplans et de leurs biplans de toile et de bois, aussi fragiles que des moineaux mais bien plus malhabiles que les oiseaux. Dame ! Il faut dire que le premier vol de l'histoire ne date que de 1903, sur une plage des Etats-Unis ; tout ou presque reste à faire pour maîtriser le ciel. Le public le sait, et voit les pionniers des airs comme des héros. Les gens sont émerveillés par leurs drôles de machines, que  la plupart n'ont jamais vu voler. Aussi, dès le soleil levé, la foule afflue depuis Lyon et toute la région. "La route qui conduit au terrain d'aviation est sillonné par des milliers de piétons, d'autos et de bicyclettes ; l'affluence est telle que la circulation est dangereuse". Près de 80.000 personnes prennent d'assaut la tribune et les pelouses entourant la piste - vingt fois la population de Bron ! Toutes scrutent l'horizon, du côté des collines de Caluire, où doivent déboucher les concurrents de la course. Les heures s'écoulent, l'attente se prolonge. Pendant ce temps, les pilotes basés à Bron, Legagneux, Berlot, Desparmet et même une femme, Jane Herveu, effectuent des vols de démonstration : "le jeune Lyonnais Desparmet fait une exhibition sur biplan ; on distingue parfaitement avec cet appareil imposant, que l'air souffle assez violent mais cela n'est point pour gêner le courageux aviateur, qui accomplit un certain nombre de kilomètres avant de reprendre le contact avec le sol".

Enfin, vers 16 heures, apparaît un point dans le ciel, "une mouche dans l'immensité". C'est Beaumont, l'un des militaires ayant pris part à la course. Il vole à plus de 1000 mètres d'altitude, une hauteur inouïe à l'époque. "Le grand oiseau, qui se guide et se meut avec aisance, va atterrir telle une libellule, sur l'herbe verte de la pelouse, avec une légèreté impressionnante. Hourrah ! Hourrah ! Des tribunes, des pelouses, ce sont des applaudissements et des vivats sans fin à l'adresse de l'aviateur, vers lequel nous nous portons en courant. On ne se douterait pas, à voir ses toiles immaculées, que son monoplan vient d'accomplir un raid de 500 kilomètres". Huit ans auparavant, les frères Wright n'avaient franchi que quelques dizaines de mètres lors du premier vol historique. Que de progrès accomplis en si peu de temps ! La foule est en délire, les romans les plus fous de Jules Verne s'incarnent là, sous ses yeux. Le rêve de l'humanité est devenu réalité. Peu importe l'attente interminable, les Lyonnais restent sur l'herbe brondillante pour guetter l'arrivée des autres concurrents.

Mais le ciel a ses lois que les premiers avions subissent comme ils peuvent. Les pilotes de la course Paris-Rome ne se présentent qu'au compte-goutte, durant la semaine du 28 mai au 6 juin. Peu à peu les rangs du public s'éclaircissent. Pour retenir les plus curieux, les aviateurs brondillants prennent des risques insensés. Le 3 juin, "Laurens, sur son monoplan, file derrière le fort de Bron où il disparaît. On attend son retour ; les minutes se passent et des automobiles partent nombreuses à sa recherche. Après un cross mouvementé à travers des chemins plein d'ornières, on découvre l'appareil dans un champ de luzerne, à Saint-Priest". Legagneux, lui, touche le sol lors d'un virage trop serré, et renverse son avion cul par-dessus tête. Il s'en sort indemne, et part en courant vers les tribunes pour rassurer sa femme. Le meeting prend alors des allures de numéro de cirque, où tout est fait pour épater les badauds. Par chance, la fête se conclue sans victimes. Elle ne fait que des heureux, et ouvre la voie à un long défilé d'as de l'aviation et d'appareils célèbres, dont ceux de la Patrouille de France, venus à de nombreuses reprises saluer notre aéroport.

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