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Etape 6 - Du Select aux Alizés

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Accès :

  • Tram T2 et T5, arrêt Les Alizés
  • Depuis l’Hôtel de Ville de Bron, continuer à marcher sur l'avenue Franklin-Roosevelt en direction de l'aéroport.
  • S'arrêter sur la place faisant face à l'arrêt de tram "Les Alizés", où se trouve le cinéma du même nom.

Le cinéma est né à Lyon, lorsque nos arrière-grands-parents étaient encore enfants. C'était en 1895, et le premier film dans l'histoire du monde s'appelait "La sortie de l'usine Lumière". Très vite, la nouvelle invention connut un succès planétaire. A l'aube du 20e siècle, les films en noir et blanc, aux images tremblotantes et encore muettes, laissaient pantois petits et grands, qui se précipitaient pour les voir s'animer sur l'écran. Il n'y avait alors de cinéma digne de ce nom que dans les grandes villes du pays. Les villages et les bourgs tel que l'était encore notre cité, se contentaient d'accueillir de temps en temps des projectionnistes ambulants, comme lors de ces fêtes de l'aviation tenues en juillet 1911 à l'aérodrome de Bron, durant lesquelles "un cinéma", sans doute aménagé dans un hangar en toile, régala les spectateurs entre deux exhibitions d'aéroplanes. 

Puis les restaurants se mirent à installer des projecteurs dans des annexes de leurs établissements pour distraire leurs clients, au même titre que les jeux de boules ou les salles de bal. Le premier à se lancer dans le mouvement fut M. Roussel, qui transforma au cours des années 1910 son café-concert de la place de la Mairie en cinéma improvisé. Il fut suivi en 1923 par M. Carre, qui construisit à côté de sa brasserie des Mûriers, à la Boutasse, une salle de 200 places bientôt baptisée "Select Cinéma". Il fut le premier cinéma digne de ce nom à naître dans à Bron. Le Select fut immédiatement adopté par les habitants, qui tous les week-ends vinrent admirer Charlot, Buster Keaton ou Mary Pickford. Il eût alors ses heures de gloire, comme ce jeudi 15 octobre (1925 ?), lorsque "des artistes de talent, tels que M. Défazio, Mlle Périni, se firent applaudir dans des morceaux de chant adaptés au film l'Absent". Le spectacle était alors sur l'écran mais aussi sur la scène. 

Les enfants avaient eux aussi droit à leurs séances de cinéma. Vers 1926, la caisse des écoles achète à leur intention un projecteur destiné au "Cinéma-éducateur", un mouvement associatif et laïque lancé à l'échelle nationale. Tous les jeudis après-midi, les élèves de la commune sont invités à des séances à prix modique, au cours desquelles ils assistent, sous la surveillance de leurs institutrices, au visionnage de deux ou trois documentaires puis d'un film pour jeune public. Le 19 octobre 1933, nos gones voient ainsi des reportages sur "Les montagnes de Jamtland, en Suède", "Deux planètes soeur, la Terre et Mars", "Paris autrefois", suivis du film "Les Cinq sous de Lavarède". D'abord parti sur les chapeaux de roue, le Cinéma-éducateur finit par ne plus faire recette, à cause de "la baisse constante du nombre des élèves aux séances". On le comprend aisément, à la lecture de certains programmes : en 1934, les spectateurs en culottes courtes durent ingurgiter plusieurs doses de documentaires sur... "l'industrie de la viande en Amérique" !

Quant au Select, après une période difficile lors du passage aux films parlants, il connut une nouvelle jeunesse durant les années 1940, et passa à 371 places. Les stars de l'époque se nommaient Fernandel, Gabin, Arletty, Louis Jouvet, Raimu, Johnny Weissmuller, et tant d’autres encore. Plus éphémère fut le Family-Cinéma. Installé aux Sept-Chemins à la fin des années 20 ou au plus tard en 1931, il alignait 450 places et ouvrait tous les samedis et dimanches. Mais le Family disparut du scenario après une brève existence. Le cinéma Arc-en-Ciel pour sa part, vit le jour avenue Franklin-Roosevelt, à deux pas de la mairie actuelle, et conquit le cœur des Brondillants, qui se souviennent encore émus de ses séances, dans les années 1950. Il mit la clef sous la porte, et fut remplacé en 1965 par un commerce alimentaire. Le Select lui, continua à figurer à l'affiche, malgré la concurrence effrénée de la soixantaine de salles lyonnaises et villeurbannaises. L'irruption sur la scène de la télévision dans les années 1960 faillit lui porter un coup fatal. En 1978, il était question de fermer définitivement la salle, désertée par les spectateurs et devenue trop vieillotte, surtout en comparaison des grands paquebots lyonnais. C'était sans compter avec les Brondillants, qui se mobilisèrent pour éviter à leur "toile" la chanson de la Dernière Séance, et qui fondèrent l'association des Amis du cinéma. Le public retrouva le chemin du Select et le sauva de la fin. En 1987, le Select se rapprocha du sommet de l'avenue Franklin-Roosevelt, où l'attendaient deux nouvelles salles, et changea de nom pour devenir Les Alizés. Encore quelques années de bonheur, et ce beau navire du Septième Art pourra fêter son centenaire.

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