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Etape 9 - La Boutasse : la porte de la ville

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Boulevard Laurent-Bonnevay oblige, le carrefour de La Boutasse fait office de porte d'entrée vers le centre-ville de Bron. Et quelle entrée ! Depuis 2014, elle est marquée par la présence de la médiathèque Jean-Prévost. Derrière sa résille métallique aux formes futuristes, ce bâtiment conçu par l'architecte Albert Constantin et par l'équipe d'AIA-architectes, accueille sur 3100 m2 plus de 100.000 documents allant du livre classique aux CD et DVD, ce qui en fait une médiathèque importante de l'agglomération lyonnaise. Elle doit son implantation au souhait d'unir le centre-ville aux grands ensembles de Parilly, ce qui lui valut de bénéficier de la convention ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine). Lieu de partage et de convivialité, la médiathèque Jean-Prévost mêle les salles de lecture pour petits et grands aux espaces d'exposition, de culture sous toute ses formes via un auditorium, ou de pure détente, que ce soit en s'immergeant dans la "bulle" aux BD ou au café du rez-de-chaussée.

 

Le café de la médiathèque n'est pas le premier en date à La Boutasse. Il y a cent ans, autour du carrefour de la "route nationale" et du "chemin de la Grande Allée" (avenue Camille-Rousset) deux cafés vous ouvraient leurs portes. Aujourd'hui disparu, le café des Mûriers était une véritable institution. Faisant office de brasserie et de clos bouliste, jouant à guichets fermés les dimanches et jours de fête, il se doubla en 1923 d'une salle de 200 places, le "Select-Cinéma", qui déménagea en 1987 plus loin sur l'avenue Franklin-Roosevelt et fut rebaptisé "Les Alizés". De l'autre côté des voies du tram, le café de l'Agriculture servait quant à lui de quartier général aux amateurs de belote, et surtout aux membres d'un club de foot très en vogue durant les années 1930, "L'Etoile Sportive de Bron". L'établissement a changé de nom depuis pour devenir le café de La Boutasse, mais il n'a pas changé de murs : il se trouve toujours dans le bâtiment qui était le sien au début du 20e siècle, ce qui en fait aujourd'hui un élément du patrimoine brondillant.

 

En quittant ces cafés, vous deviez montrer patte blanche si vous souhaitiez vous rendre vers le Vinatier ou à Lyon. A deux pas d'ici, à l'emplacement du boulevard Laurent-Bonnevay, se dressait en effet un rempart courant sur 11 kilomètres : l'enceinte de la rive gauche du Rhône. Prévu pour protéger d'une attaque éventuelle toute la partie Est de Lyon, mais aussi Villeurbanne, le Moulin-à-Vent et les quartiers brondillants du Vinatier et des Essarts, ce rempart fut construit de 1885 à 1887, en complément des forts et des batteries de la banlieue lyonnaise. Pour paraphraser Victor Hugo, ce mur murant Bron rendit les Brondillants murmurant... Et pas qu'un peu ! Non seulement il interdisait toute construction à ses abords, mais en plus il transformait en cul-de-sac bon nombre de routes du village. Le Génie militaire n'avait prévu que deux portes sur le territoire de notre ville : l'une sur la route de Genas, et l'autre ici même, à La Boutasse. Les cartes-postales des années 1900-1910 nous la montrent, avec son rempart percé de meurtrières et son corps de garde flaquant la route, qu'encadrent deux piliers monumentaux portant des boulets de canons. Déclassée en 1927, l'enceinte de la rive gauche fut rasée lors de la construction du boulevard Laurent-Bonnevay. Elle subsiste sur près d'un kilomètre de long, à Vénissieux et à Saint-Fons, et sur une courte section à Bron, sous le château d'eau du Vinatier (en face de la station-service du boulevard périphérique).

 

Et la boutasse alors ? Pour une fois, on l'écrira sans ses majuscules, comme un nom commun. Car c'en est un, mais pas en français. En franco-provençal, la langue qui était parlée à Bron et dans une large partie de la région Rhône-Alpes, une boutasse était une mare plus ou moins aménagée. Bron en comptait plus d'une, comme celle que creusa en 1767 vers la mairie actuelle un maçon italien, maître Francesco Perrello dit La Liberté, et qu'il cerna d'un mur de pierres afin de bien contenir l'eau de pluie ruisselant sur la route de Grenoble. Ces boutasses étaient précieuses pour les paysans et pour tous les Brondillants d'antan, car la commune n'ayant aucun ruisseau sur son territoire, ils s'en servaient pour arroser leurs jardins et faire boire leur bétail. Le carrefour de La Boutasse accueillait l'une des plus grandes de Bron, nichée dans un creux de terrain. Un plan dressé en 1895 nous la montre, à l'emplacement de la place Cumbernauld.

 

Pour aller à l'étape suivante :

  • Prendre le bus C17 devant la médiathèque Jean-Prévost, direction Porte des Alpes, et descendre à l'arrêt Cité de l'enfance (fréquence : un bus toutes les 10 minutes).
  • Se rapprocher ensuite des immeubles situés de l'autre côté de la rue Lionel-Terray (UC IV), en prenant la rue Denis-Diderot.

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Illustrations

  1. Vignette
  2. Vignette
    Carte-postale ancienne, le café de l'Agriculture vers 1910
    (jpeg - 179.78 Ko)
  3. Vignette
    Carte-postale ancienne, la porte de Bron, vers 1900-1910
    (jpeg - 420.79 Ko)
  4. Vignette
    Un pilier de la porte de l'enceinte de la rive gauche, à Villeurbanne
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  5. Vignette
    (jpeg - 891.59 Ko)

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