1151

Etape 13 - L'hippodrome

Off

1er mai 1965. Beaucoup de Brondillants se souviennent encore de l’évènement. Une foule considérable est venue assister aux premiers moments du champ de course flambant neuf. Cinq mille, six mille personnes peut-être, ont envahi les tribunes : des parieurs bien sûr, mais aussi de simples promeneurs venus en curieux avec leur famille, une foule de passionnés d’équitation, sans oublier les propriétaires des pur sangs qui, pendant deux jours, vont courir sur la pelouse. Et puis il y a aussi les employés de ces 300 entreprises qui, pendant deux ans et demi, ont travaillé d’arrache pied pour faire sortir de terre ce nouveau fleuron de l’architecture hippique en général, et de l’urbanisme lyonnais en particulier. Songez plutôt. A l’intérieur d’une ellipse de 1800 mètres et le long d’une ligne droite de un kilomètre, Parilly offre un parcours d’obstacles, trois pistes d’entraînement et trois pistes de compétition :

  • une de plat
  • une de steeple-chase
  • une de trot

Leur sol à toutes a été spécialement conçu. Sous le gazon de la piste légère, on trouve ainsi un savant amalgame de terre, de tourbe, de sable et de gravier qui la classe parmi les meilleures d’Europe, aux dires des jockeys. Tout près de là, on a aussi aménagé une vraie cité dédiée au cheval, avec 400 boxes, des logements pour le personnel, des anneaux de présentation au public (les "paddocks") et ces allées cavalières que vous traversez quand vous vous promenez dans le parc. Surtout, le public dispose désormais d’une tribune à faire pâlir d’envie les familiers d’Epsom ou de Chantilly. Entre les pistes et l’actuelle avenue Pierre-Mendès-France, l’architecte Charles Delfante, le "père" du quartier de La Part-Dieu, a posé une véritable "maison de verre" : un bâtiment de 3000 m2, abritant les bureaux de la Société des Courses de Lyon (la SCL), les guichets des parieurs, la salle de pesage des jockeys, un restaurant panoramique et ces immenses gradins aériens, comme accrochés au ciel.

 

Le samedi 1er et le dimanche 2 mai 1965, ces tribunes sont donc pleines à craquer. Le premier jour est dévolu au steeple-chase (le parcours d’obstacles) et au galop. Les six pelotons de pur sangs engagés sont très vite surpris par la rapidité que permet la grande piste… et un moment désarçonnés par la largeur de la rivière, jugée un peu sévère. Le second jour, c’est au tour des trotteurs de prendre possession des lieux. A nouveau, les superlatifs fleurissent dans toutes les bouches. Le plus heureux reste sûrement le président d'alors de la SCL, André Baboin, qui assiste aux festivités aux côtés des personnalités de la région et des responsables nationaux du monde hippique, comme Marcel Boussac, le comte Niel ou le comte de Rochefort. Pour M. Baboin, Parilly est une vraie réussite.

 

Pourtant, l’opération était peu engageante. Dix-huit mois auparavant, les courses se tenaient encore à Villeurbanne, sur l’hippodrome du Grand-Camp. C’est là, tout près du parc de la Tête d’Or et de la cité du Tonkin, que la Société des Courses avait été fondée, en 1867. Pendant un siècle, des générations de lyonnais s’y étaient pressées, traversant à pied les allées du parc pour aller voir les chevaux, mêlant en une même sortie les plaisirs de la promenade, du spectacle et des guinguettes. Aller au Grand-Camp, avait un air de fête… Et puis en 1962, tout avait basculé. Le ministère de l’Education Nationale, propriétaire des terrains, souhaitait récupérer son bien pour construire une nouvelle université – le campus de la Doua. Il avait fallu très vite trouver un nouveau lieu d’accueil pas trop éloigné de Lyon, plat, suffisamment vaste et sans risque de devoir déménager avant belle lurette. Pour toutes ces raisons, Bron fut jugé idéal. Un ancien président de la SCL, Claude Gindre, nous le disait lui-même : "regardez, nous sommes à seulement 10 minutes de la ville et pourtant, on est noyé dans la verdure ; je ne connais rien de plus grisant que galoper ici le matin. Parilly est certainement le plus bel hippodrome de province". En 1965, les nostalgiques regrettèrent un temps ce Grand-Camp qu’ils avaient tant aimé. Mais tous finirent par adopter Parilly, même les plus superstitieux. Il est vrai que fixer une inauguration un premier mai, pour un hippodrome, était particulièrement bien joué ! Ce jour là, les parieurs tentaient de faire rimer leurs mises avec bonheur…

 

Pour aller à l'étape suivante :

  • Tram T2, arrêt "Parilly-Université"
  • Longer la clôture de l'hippodrome par la gauche. On suit sa piste et son grand virage nord.
  • Arrivé au boulevard des Turfistes, tourner à droite, puis après une centaine de mètres, prendre à gauche l'allée des Erables (panneau Université Lumière Lyon 2), et 30 mètres plus loin tourner à droite.
  • On arrive sur l'avenue Pierre-Mendès-France, qu'un passage clouté permet de traverser pour accéder au parvis de l'université.

Ajouter un commentaire

En cours de chargement...
Un nombre illimité de fichiers peuvent être transférés dans ce champ.
Limité à 10 Mo.
Types autorisés : png, gif, jpg, jpeg.
Un nombre illimité de fichiers peuvent être transférés dans ce champ.
Limité à 10 Mo.
Types autorisés : txt, pdf, doc, docx.
9 + 2 =
13

Illustrations

  1. Vignette
    - Une file d'atente pour le Grand Prix de Bron 2017
    (jpeg - 155.51 Ko)
  2. Vignette
    Le Grand Prix de Bron à l'hippodrome de Parilly
  3. Vignette
    Editions La Cigogne, Lyon.
    (jpeg - 185.04 Ko)
  4. Vignette
    (jpeg - 1.6 Mo)
  5. Vignette
    - Le 13 octobre 1968
    (jpeg - 2.22 Mo)

Participez !

En photos

#bronpatrimoine

Postez vos photos via votre compte Instagram avec les hashtag #bronpatrimoine, #bronmemoire et #bronnature et vous les verrez peut être publiées sur cette page des Chemins des savoirs.

Aucun commentaire disponible.

 

Postez votre contribution

Une anecdote, un souvenir, une histoire, une image à partager sur la mémoire, le patrimoine ou la nature à Bron, envoyez-nous vos contenus via le formulaire ci-dessous et ils seront peut-être publiés sur le site de la Ville !