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Etape 7 - Les mairies de Bron : une histoire sans fin

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A l'intérieur de l'église Saint-Denis : c'est là que, sous l'Ancien Régime, les Brondillants chefs de famille tenaient trois ou quatre fois par an, l'assemblée générale de leur communauté, l'ancêtre du conseil municipal. C'est également ici qu'ils élisaient le "consul", celui d'entre eux qui ferait office de maire durant un mandat d'un an. Puis arriva la Révolution française, qui instaura les communes et les départements. N'ayant jamais eu les moyens de s'offrir une mairie durant le temps des rois, l'élection du premier maire de Bron, Jean Gayet, et la première séance du Conseil municipal, le 7 février 1790, eurent lieu tout naturellement dans l'église Saint-Denis. Mais les élus migrèrent très vite dans la cure toute proche, devenue propriété publique lorsque l'Assemblée Nationale décréta la nationalisation des biens du clergé. Elle était plus pratique pour tenir des réunions... et surtout plus facile à chauffer ! Cette première mairie se résumait à deux pièces, l'une faisant office d'archives et de bureau du maire, l'autre, d'environ 5 mètres sur 4, servant aux réunions du conseil et pompeusement baptisée "chambre commune" - autrement dit hôtel de ville. La "chambre commune" s'ouvrait sur la place de l'église, l'actuelle place Curial. Devenue trop petite pour loger l'administration municipale, il fut question de la remplacer par une mairie-école, que l'on construirait tout exprès à quelques pas de là. En 1847, la commune achète donc un terrain à l'angle de la rue de la Pagère et de l'avenue Camille Rousset, afin de concrétiser ce bel et beau projet.

 

Hélas, des empêcheurs de tourner en rond attaquent le maire en justice. Ils ne veulent pas d’une mairie-école à l’ombre de l’église ; « trop cher », « trop petit », disent-ils. Vingt-cinq ans sont perdus en chicanes. Entre-temps, le quartier du Grand-Chemin prend de l'ampleur et s'impose face au village ancestral. Aussi, lorsque le sujet de la mairie-école revient à l'ordre du jour, il n'est plus question de l'implanter sur la place de l'église. Le 22 août 1871, le maire Antoine Bernard achète la ferme de M. Petelaz, située sur la route nationale de Chambéry et de Grenoble, juste en face de la mairie actuelle. Des subventions du ministère de l'Instruction publique et du Département permettent en un premier temps de transformer les bâtiments agricoles en école, puis de les agrandir dans une seconde tranche. Le rez-de-chaussée accueillera deux salles de classe, un préau couvert et l’appartement de l’instituteur ; l’étage sera quant à lui dévolu à la mairie et au logement du gardien. Un entrepreneur lyonnais, Joseph Frize, exécute les travaux de 1872 à 1876 pour une somme totale de 21.450 francs. Avec ses murs en pisé, ses belles fenêtres en pierre de Trept (en Ile Crémieu), et surtout son fronton couronné d'une horloge et d'un petit beffroi pour loger une cloche, le nouvel équipement a vraiment fière allure. Avec lui, Bron possède enfin un vrai hôtel de ville.

 

Mais à peine 30 ans plus tard, il faut déjà déménager. La mairie de 1876, vu "l'état de vétusté de l'immeuble, ne répond plus aux convenances d'un monument public, même de modeste importance", constate le conseil municipal. Surtout, les élus brondillants semblent désireux de marquer dans la pierre l'indépendance communale, à une époque où le maire de Lyon, Victor Augagneur, tente d'annexer à sa ville toute la partie ouest de Bron - Les Genêts, Le Vinatier, Les Essarts, une partie de Parilly - soit 240 hectares, le quart de la commune ! Le 18 juin 1905, le conseil municipal et le maire Philippe Goy, s'empressent donc de voter la construction d'un nouvel édifice - malgré la démission de 5 conseillers, ayant tenté contre vents et marée d'imposer une localisation près de l'église Saint-Denis ! L'architecte choisi, Émile Cluzel, édifie au fond d'une allée donnant sur l'avenue Franklin-Roosevelt (sur l'actuelle place du 11-novembre-1918), une bâtisse d'un étage, aux allures de maison bourgeoise comme le 19e siècle en produisit tant. L'inauguration se fait en grandes pompes, en décembre 1907.

 

Deux générations plus tard, le même problème se pose aux élus du milieu du 20e siècle. Une fois de plus, l'hôtel de ville ne répond plus aux évolutions de Bron. Le 27 janvier 1954, "considérant que la mairie actuelle comporte des locaux notoirement insuffisants", le conseil municipal et le maire Louis Befieux rayent d'un coup de plume le bâtiment de 1907. Il était temps. Depuis trois ans déjà, à Parilly les grues faisaient sortir de terre la cité des UC, qui allait d'un seul coup doubler la population de Bron, en amenant "sur notre territoire 12.000 habitants nouveaux. Dans ces conditions, il est aisément concevable qu'une mairie construite en 1906 pour 3500 habitants, ne puisse plus répondre aux besoins d'une ville de 25.000 habitants". Tournant le dos à l'architecture du début du siècle, la mairie de 1954 - celle qui se dresse en face de vous, afficha le crédo d'une cité résolument tournée vers l'avenir. L'architecte Pierre Fonterme (1916-1985) créa un édifice de béton et de verre, tout en lignes droites, lumineux, moderne. Il fut inauguré la veille de la fête des lumières, le 7 décembre 1958, par Jacques Soustelle, ministre de l'Information sous la présidence du général de Gaulle. Ce pur produit de la période des "Trente Glorieuses" forme aujourd'hui le centre de Bron, avec à proximité la poste, le cinéma des Alizés, le commissariat de police, la Maison des sociétés, le marché de la place de la Liberté, une multitude de commerces et de services, sans oublier la médiathèque Jean-Prévost, qui vous attend sur une prochaine étape de ce chemin autour du temps.

 

Après cette étape, le chemin propose 2 itinéraires :

Poursuivre la visite en faisant un détour par l'étape 8 :

  • Tram T2 ou T5, arrêt Vinatier.
  • Sur l'avenue Franklin-Roosevelt, marcher en direction du boulevard Pinel, où vous tournerez à droite.
  • Après 700 mètres de marche, franchir les portes de l'hôpital et aller jusqu'à la chapelle.

 

Continuer directement la visite par l'étape 9 :

  • Tram T2, tram T5 ou bus C17, arrêt Boutasse.
  • Depuis la mairie de Bron, suivre à pieds l'avenue Franklin-Roosevelt en direction du boulevard Laurent-Bonnevay.
  • S'arrêter sur l'esplanade de la médiathèque Jean-Prévost (place Cumbernauld).

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Illustrations

  1. Vignette
    - L'Hôtel de Ville surplombant la place de Weingarten
    Photo M. RIDDE
  2. Vignette
    (jpeg - 2.02 Mo)
  3. Vignette
    Carte-postale ancienne de la mairie-école de 1876, prise en 1908
    (jpeg - 192.82 Ko)
  4. Vignette
    (jpeg - 181.5 Ko)

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