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Etape 5 - Les villas du bon air

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A Lyon on étouffait ! Entre la fumée des usines, les brouillards de la Saône et du Rhône, la crasse peignant toute la ville en noir, et la promiscuité des rues et des logements d'une cité de 500.000 habitants, il y avait de quoi rêver d'une vie au vert. A partir des années 1880, la construction d'un réseau de tramways permet aux Lyonnais de s'échapper des miasmes de la ville. Ecully, Sainte-Foy-lès-Lyon, Montchat, Monplaisir, se couvrent alors de villas modestes ou luxueuses, comme le château des frères Lumière, qui procurent à leurs habitants du soleil, du calme et de l'air pur. Puis vient le tour de Bron. En janvier 1898, une nouvelle ligne de tramway relie les Cordeliers à la mairie de notre ville, en empruntant l'actuelle avenue Franklin-Roosevelt. Ce bout de voie ferrée suffit à bouleverser l’existence du village. Bron se trouve désormais à quelques dizaines de minutes de Lyon, ce qui attire les ouvriers et les ménages modestes à la recherche d’un logement bon marché ; en 15 ans la population passe ainsi de 2600 à 4100 habitants, qui transforment l’ancienne paroisse campagnarde en une ville nouvelle.

 

Le bon air ! C'est lui que recherchent les nouveaux habitants. Dès 1896, un professeur agrégé du lycée Ampère avait prophétisé les conséquences de l'arrivée du tramway : en poussant ses rails jusqu'aux abords de l'église Saint-Denis ou au « fort Masséna », on favorisera d’autant plus la croissance de l’agglomération que Bron se trouve « sur le plateau le plus salubre des environs de Lyon, plateau constamment parcouru par des courants d’air qui n’ont point passé sur la ville et n’en ont pas pris les miasmes (…) ; les ouvriers et les personnes de condition modeste trouveront là des habitations salubres et à bon marché » ! Et de fait, entre la fin du 19e siècle et les années 1930, une foule de Lyonnais, depuis les grands bourgeois jusqu'à de modestes pensionnés de la Première guerre mondiale, se ruent aux Essarts, à Lessivas et, surtout, entre l'avenue Camille-Rousset et les hauteurs de Parilly. Alors que Bron ne totalisait que 275 maisons en 1891, la seule année 1911 voit 67 maisons sortir de terre. La Première Guerre mondiale ralentit un temps le mouvement, mais il repart de plus belle en 1923, avec 124 constructions, et culmine en 1930 avec 236 chantiers !

 

Les plus grandes de ces nouvelles villas ressemblent à des châteaux, comme le "castel des Essarts", une pension à la façade encadrée par deux tours, promettant à ses hôtes des années 1920 des "cures d'air", une "villégiature" et une saine convalescence. A l'extrémité ouest de Bron, en face des Galeries Lafayette, la villa Rhodania offre quant à elle pas moins de 22 pièces réparties sur trois niveaux, le tout installé dans un parc comprenant une ferme, des tennis et une pièce d'eau - de quoi ravir son propriétaire du début du 20e siècle, un ingénieur lyonnais nommé Charles-Antonin Hostein, ou bien son occupant actuel, le préfet du Rhône. En 1907, M. H. Plassard emménage pour sa part au début de l'avenue Franklin-Roosevelt, dans "la Villa la Ferrandière, [oeuvre] de M. Duclos, conçue et disposée pour donner à ses habitants tous les avantages d'une villégiature estivale. Une large galerie règne sur deux côtés, desservie par trois escaliers, et donne accès à un hall central qui dessert les appartements bien distribués".

La villa qui se dresse devant vous s'inscrit un rang en-dessous dans l'échelle sociale. Elle a été bâtie vers 1900, probablement pour un membre de la petite bourgeoisie, et se distingue par son salon en avancée sur l'avenue, et surtout par sa tourelle d'angle, pastiche d'un château médiéval. Un cran plus bas, la masse des employés ou des petits commerçants s'offre des pavillons de quatre pièces - une cuisine, deux chambres et une salle-à-manger, desservis par un vestibule affichant la modeste aisance des propriétaires. Avec leurs portes et fenêtres à encadrement mouluré, leur avant-toit recherché et parfois des décors floraux, les façades de ces maisons traduisent les modes du temps, Art nouveau pour les années 1890-1910, Art déco pour les années 1910-1930. Vous les découvrirez en marchant jusqu'à l'avenue Franklin-Roosevelt. Ne vous y trompez pas : bon nombre de ces villas d'aujourd'hui affichent presque 100 ans d'âge. Elles sont un élément fondamental du patrimoine et de l'identité brondillante.

 

Pour aller à l'étape suivante :

  • Tram T5 ou bus C15, arrêt De Tassigny-Curial
  • Poursuivre votre marche sur l'avenue Camille-Rousset.
  • Prendre la deuxième rue à gauche (avenue de la République) jusqu'au boulevard Franklin-Roosevelt.
  • Là, tourner à gauche et rejoindre le 169 avenue Franklin-Roosevelt.

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Illustrations

  1. Vignette
    Villa au 79 avenue Camille Rousset
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  2. Vignette
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  3. Vignette
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  4. Vignette
    Plan d'architecte de la villa Brochay, avenue du Bois, en 1922
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  5. Vignette
    Villa à l'angle de l'avenue de la République et de l'avenue d'Alsace-Lorraine, vers 1920-1930
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  6. Vignette
    Vue générale du Bron pavillonnaire, vers 1950.
    Editions Cellard, Lyon.
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